Problemauto, le portail de l’expertise automobile et des experts en automobile indépendants

Accueil > Français > REGLEMENTATION > La somnolence au volant et les conducteurs routiers professionnels

La somnolence au volant et les conducteurs routiers professionnels

jeudi 31 mars 2005, par Jean Claude Méret

Malgré une réglementation draconienne, le secteur des transports routiers enregistre encore chaque année de nombreux accidents liés à la somnolence au volant.

En 2002, d’après la CNAMTS, plus de 60% des décès répertiorés comme accidents du travail sont dus à des accidents de la route, soit 803 pour les seuls travailleurs salariés, qu’il s’agisse d’un accident survenu lors du trajet domicile - entreprise ou d’un accident de mission pendant la durée de travail.

Les conducteurs routiers sont particulièrement concernés.

L’EFFET PARADOXAL DU REGLEMENT

La fatigue au volant en est l’une des causes principales.

" Les durées de conduite sont très réglementées.

La loi leur impose de faire des pauses de quarante-cinq minutes par tranche de quatre heures trente de conduite, de jour comme de nuit.
Ces pauses réglementaires sont surveillées par des disques et elles le seront bientôt par des puces.

La grande majorité des conducteurs les respectent rappelle le docteur Francois BRES, médecin du travail au centre médical des transporteurs du VAR.

Mais le problème vient du fait que ces coupures sont imposées.

Un conducteur ne gère pas son temps de conduite et de repos en fonction de son état de fatigue, mais de la réglementation. Or, elle ne tient pas compte des rythmes biologiques de chacun."

LA SOLUTION IDEALE

"leur imposer une durée de repos donnée par tranche de douze heures ou de vingt quatre heures, et leur laisser gérer de façon autonome leur temps de conduite.
Les conducteurs sont conscient du risque de somnolence au volant. Ils savent qu’il faut s’arrêter et le font s’ils sont fatigués" poursuit Francois BRES.

DROGUES ET AUTRES PSYCHOTROPES

Autres causes de somnolence aux commandes d’un poids lourd, les drogues, licites ou non.

" Les jeunes conducteurs sont nombreux à fumer des joints. Nous ne pouvons pas faire le dépistage systématique.

Un dosage valable coûte environ 150 €.

Quant aux médicaments psychotropes leur prise est une cause d’inaptitude à la conduite.
Cependant, rien n’oblige un chauffeur routier à nous dire qu’il en prend lors de sa visite annuelle"

Et s’il le faisait, un vide réglementaire lui permet de contourner l’interdiction.

" les fichiers d’inaptitude sont régionaux. Un conducteur déclaré inapte dans le VAR peut être embauché dans le NORD" conclut Francois BRES