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Somnolence au volant

vendredi 25 mars 2005, par Jean Claude Méret

Selon un enquête SOFRES, en France, sept personnes sur dix déclarent ressentir des périodes de somnolence dans la journée.

Plus grave, une personne sur cinq tend à s’endormir de façon involontaire.

D’après le P° LEVY, 2.5 millions de personnes sont concernées et présentent des troubles diurnes allant de la simple baisse d’attention, à l’endormissement brutal et incontrôlable.

Deuxième cause majeure de somnolence dans la journée, les médicaments.

Ceux qui altèrent la vigilance sont nombreux, à commencer par les psychotropes, dont la France est le premier consommateur en Europe.

En troisième, le manque de sommeil. Il peut être consécutif à un évènement ponctuel (surcroît de travail, sortie). Il peut aussi être chronique , à l’exemple de la dette de sommeil accumulée par les 5 à 6 millions de salariés qui travaillent en horaires décalés.

Mais ce ne sont pas les seuls : la mauvaise gestion du rythme-activité-repos est très fréquente, surtout chez les 18-25 ans. En moyenne les Francais dorment une à deux heures de moins qu’ils ne devraient.

ATTENTION DANGER

Dès que le niveau de vigilance d’un individu baisse, sa perception des informations est altérée.

Face à une situation où il doit réagir rapidement, il le fera de façon inapropriée ou tardive.

Il risque donc l’accident, aussi bien au travail que sur la route.

Selon une étude menée par le Docteur Pierre Philip, le manque de sommeil affecte de facon significative le temps de réaction lors d’un long trajet ( neuf heures de conduite).

Il peut être augmenté de 650 millisecondes, ce qui représente sur autoroute, une distance de 23 mètres à 130 km/h sur chaussée sèche.

Au final, conduire en état de somonolence multiplie par huit le risque d’avoir un accident corporel. " sans aller jusqu’à s’endormir au volant, les insomniaques présentent souvent des troubles de l’attention"

UNE MENACE OMNIPRÉSENTE

D’apès le docteur Philip, en France 10% des accidents relèvent de la fatigue au volant. Et sur autoroute, un cas d’accident mortel sur trois est lié à un problème d’hypovigilance selon les dernières statistiques de l’ASFA " l’implication d’un seul véhicule et l’absence de trace de freinage sont typiques d’une hypovigilance. Le conducteur perd le contrôle de son véhicule et percute un obstacle à pleine vitesse" précise le D. Alain Muzet directeur de recherche au CNRS.

L’engrenage de l’hypovigilance peut concerner tout le monde, parce que tout le monde n’a pas dormi huit heures avant de prendre le volant ? " 1,6% des francais répondent "oui" .
Vous êtes vous arrêtés ? " 2% répondent "non" .

La somnolence n’est pas une infraction au code de la route.

VIGILANCE : état où un individu est capable d’une surveillance attentive de son environnement et peut réagir de façon appropriée. C’est l’état de réactivité dans lequel on se trouve quand on est éveillé.
Son niveau baisse de facon physiologique à certains moments de la journée ( début d’après midi)

HYPOVILANCE : on parle d’hypovigilance quand l’attention baisse ou est détournée pour diverses raisons qui vont de la distraction à la somnolence.

SOMNOLENCE : difficulté à se maintenir éveillé. Elle est normale en fin de journée ou après le déjeuner, ou s’il existe un déficit de sommeil (après une nuit blance).

En dehors de cette circonstance, on parle d’hypersomnie, ou de somnolence diurne excessive. Elle peut témoigner d’une maladie et doit faire consulter un centre spécialisé.

DETTE DE SOMMEIL : toute restriction de sommeil, volontaire ou imposée, augmente la somnolence le lendemain.
Une légère restriction de sommeil, répétitive et régulière, provoque une accumulation de somnolence diurne.

CHACUN SON RYTHME, CHACUN SES BESOINS

Respiration, sécrétions hormonales ou température du corps, toutes ces grandes fonctions de l’organisme ont une activité rythmique, commandée par notre horloge biologique.

Quand le rythme s’établit sur une durée de 24 heures, il est dit "circadien". C’est le cas de l’alternace éveil - sommeil.

Pour le synchroniser, notre horloge interne se cale en grande partie sur un repère visuel :
la lumière du jour.

Dès qu’elle faiblit, l’organisme sécrète une hormone, la mélatonine. A ce signal, notre horloge biologique bascule du coté nuit, et c’est l’endormissement.

A ce tempo circadien de base, s’ajoutent des variables individuelles. Elles sont pour partie d’ordre génétique.

D’autres facteurs interviennent, comme l’activité physique et intellectuelle dans la journée ou l’état de santé.

En définitive, chaque individu a des besoins de sommeil qui lui sont propres.

Ne pas les respecter, c’est courrir le risque de s’endormir dans la journée pour compenser.