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La Pollution des gazoles

vendredi 30 avril 2004, par Jean Claude Méret

Un éminent confrère de la Région de Toulouse à écrit l’étude çi-après.
Je n’ai pu le situer mais je le remercie car elle nous informe parfaitement sur l’évolution et les phénomènes qui régissent le développement des pollutions à l’intérieur des réservoirs.

La pollution des gasoils

les températures élevées atteintes au cours du raffinage du pétrole brut ne détruisent toute la microflore initiale et les contaminations ultérieures ont des origines variées provenant de l’air, de l’eau et de la Terre.

L’homme, lui aussi n’est pas étranger à cette pollution.

Il est donc inévitable qu’un carburant comme le gazole soit toujours plus ou moins pollué quelque soit les précautions prises.

Comme de l’eau et contenue dans le gazole soit sous forme de micro émulsions soit sous forme d’un pied d’eau (hauteur d’eau) venant une pollution accidentelle au moment du remplissage ou plus simplement par phénomène de respiration et de condensation, il se produit un développement des micro-organismes à l’interface eau/gazole.

La présence d’eau est un facteur prépondérant au développement des micro-organismes.

La source de carbone et d’énergie est fournie par le carburant et ce sont les impuretés apparues au cours du stockage, des manipulations et des transports qui apportent les autres éléments indispensables : azote, souffre, phosphore, fer, calcium, sodium, et Oligoéléments.

Du fait de la solubilité de l’oxygène dans les mélanges hydrocarbures tels que les gazoles, ces derniers peuvent transférer suffisamment d’oxygène vers l’eau contenue dans les réservoirs pour permettre la croissance de souches microbiennes.

Certain gazole issu des bruts de mer du Nord à teneur en aromatiques élevées font des émulsions stables avec l’eau.

Cette émulsion provoquée par brassage dans les canalisations d’alimentation ou sur le retour en pluie au réservoir (ce phénomène peut être diminué en ayant un tuyau de retour qui arrive à quelques centimètres du fond du réservoir), favorise le développement des micro-organismes dans la phase hydrocarbure.

Enfin les détergents de nettoyage des réservoirs et des canalisations contiennent des naphténates, des acides naphténiques et de l’ammoniaque (azote) qui peuvent résister au rinçage avant la remplissage en carburant et qui, mélangés aux antérobactéries résistantes au chlore contenues dans l’eau de ville, favorisent les développements de micro-organismes.

Origines des micro-organismes

On englobe sous le terme biodégradation l’ensemble des transformations d’un hydrocarbure qui résultent de l’action des micro-organismes qui s’y développent.
La biodégradation de carburant tel que le gazole et constitué de plusieurs hydrocarbures, aboutit à sa biodégradation puisque ce sont les micro-organismes présents qui sont responsables des modifications de carburant au moment de son usage.
L’Identification est longue et difficile et les résultats laissent penser que tous les types de micro-organismes de tous genres, de toutes espèces, peuvent vivre et se reproduire à l’interface eau / gazole.

De plus, il ne faut pas considérer que seules quelques espaces sont nuisibles, tous les micro-organismes peuvent créer des nuisances.

Ils sont responsables de colmatage de filtres et sont à l’origine des corrosions des fonds et parois métalliques des réservoirs et des bacs de tranquillisation.
Parmi les micro-organismes se trouvant dans les gazoles on peut citer :

Les levures et les moisissures qui sont des champignons microscopiques.
Les unes habituellement unicellulaires comme les levures, se reproduisent par bourgeonnement,
les autres plutôt filamenteuses comme des moisissures, ayant des spores variées pour se reproduire et disséminent les souches.

Les bactéries qui sont des micro-organismes très différents presque toujours unicellulaires, se reproduisent par fission binaire en deux cellules filles identiques, de plus petites dimensions que les levures.

Du fait de leur morphologie plus ou moins compliquée qui comprend habituellement une masse de filaments formant un thalle ou mycellium, et des spores isolées ou fixées sur un appareil sporifère, il est impossible de quantifier facilement la présence de moisissures.

De plus, il faut retenir que l’aspect d’un développement microbien dans un réservoir de carburant peut-être du type mycélien, c’est-à-dire comme celui d’une moisissure alors que l’analyse microbiologique démontre qu’il y a surtout beaucoup de bactéries parfois sans aucune moisissure décelable.

Presque tous les micros organismes étant ubiquistes, on les retrouve partout, de ce fait la contamination des réservoirs est variée. Elle provient de l’eau, des poussières de l’air, de la rouille des réservoirs et des canalisations.
Cependant, la plupart des micro-organismes ne survivent pas longtemps dans le gazole surtout s’il est exempt d’eau, tandis que d’autres sont capables d’une survie presque illimitée. C’est le cas des spores de moisissures et des spores bactériennes.

Les micros organismes vivant dans le gazole sont presque tous aérobies, c’est-à-dire qu’ils respirent et ont donc besoin d’oxygène pour croître et se développer. Cependant on trouve aussi dans les réservoirs des bactéries anaérobies, incapables de respirer tout en survivant parfois à l’air. Ce sont des bactéries sulfato-réductrices responsables de la corrosion des réservoirs et des bacs de tranquillisation, qui n’utilisent pas les hydrocarbures eux-mêmes, mais se développent à partir de certains acides organiques formés au dépens des hydrocarbures au cours de la croissance des souches bactériennes aérobies.
Quand la corrosion est importante, ces bactéries sulfato-réductrices sont souvent associés à d’autres bactéries oxydant le fer dans les dépôts de rouille qui deviennent alors abondants.
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